
Tous les deux ans, la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB) invite les cyclistes de France à évaluer leur commune à travers le Baromètre vélo, la plus grande enquête citoyenne sur la place du vélo dans les territoires. Pour cette édition 2025, réalisée en ligne du 28 février au 3 juin, Clermont-Ferrand a recueilli 954 contributions, dont 909 émanant de cyclistes.
La Plateforme Mobilité du Puy-de-Dôme vous propose une lecture de ces résultats, qui dessinent le portrait d’une ville en pleine transformation, où les efforts engagés commencent à porter leurs fruits, sans pour autant dissiper le sentiment d’insécurité qui reste le principal frein à la pratique.
Une note globale en progression, mais encore « moyennement favorable »
Avec une moyenne de 3,48 sur 6, Clermont-Ferrand obtient la note D, classée « moyennement favorable » à la pratique du vélo. Ce résultat marque une progression sensible par rapport aux éditions précédentes : la ville était notée E en 2021 (2,98) et déjà E en 2019.
Cette dynamique en hausse se retrouve également dans le ressenti des répondants eux-mêmes : interrogés sur l’évolution de la situation cycliste au cours des trois dernières années, 76 % des cyclistes estiment que celle-ci s’est améliorée (un peu ou beaucoup), contre seulement 8 % qui la jugent dégradée.
Cette progression se lit dans le détail des cinq grandes thématiques évaluées par l’enquête :
Des investissements qui se voient sur le terrain
Le grand chantier de mobilités du territoire, le projet Inspire, revient très régulièrement dans les 441 commentaires libres laissés par les cyclistes. Beaucoup saluent l’ampleur des aménagements réalisés ces deux à trois dernières années : boulevards sud, giratoire à la hollandaise, nouvelles pistes cyclables séparées de la circulation.
Plusieurs répondants notent avoir vu le nombre de cyclistes progresser sensiblement sur leurs trajets du quotidien, certains évoquant même de légers embouteillages de vélos aux feux rouges.
Les usagers reconnaissent également l’effort de communication et d’écoute engagé par la collectivité, avec une moyenne de 3,86/6 pour la thématique « communication en faveur des déplacements à vélo », en progression par rapport à 2021 (2,83).
La sécurité, frein numéro un à la pratique
Principal point de vigilance de cette édition : le sentiment de sécurité.
Seuls 36 % des cyclistes se sentent en sécurité au quotidien. Les carrefours et ronds-points restent les moments les plus redoutés du trajet, et la perception se dégrade encore lorsqu’il s’agit des enfants ou des personnes âgées (2,27/6).
Les chiffres confirment ce ressenti. Sur les douze derniers mois, les cyclistes rapportent surtout des vitesses excessives ou dépassements dangereux (555 signalements) et des refus de priorité (473), devant les violences verbales (545) et physiques (143). Autre préoccupation : 18 % des cyclistes ont été victimes d’un vol de vélo en deux ans.
Dans les commentaires libres, un facteur d’insécurité revient sans cesse : la discontinuité du réseau. Des pistes qui s’arrêtent net, obligeant à rejoindre la route ou le trottoir. La période de travaux actuelle est vécue comme une phase difficile, mais la majorité des répondants l’envisage avec optimisme.
Qui sont les cyclistes qui ont répondu ?
Parmi les 909 cyclistes ayant contribué à l’enquête, deux tiers déclarent circuler à vélo tous les jours ou presque. Le vélo est très majoritairement utilisé pour les trajets domicile-travail ou domicile-études (84,5 % des répondants) et pour les achats et démarches personnelles (76,5 %), loin devant le loisir ou le sport. Le vélo personnel classique reste le plus répandu, mais le vélo à assistance électrique équipe déjà plus d’un tiers des répondants.
L’enquête a également recueilli l’avis de 45 non-cyclistes. Pour cette population, l’insécurité ressentie à vélo (42 % des réponses) et le manque d’aménagements cyclables (29 %) arrivent nettement en tête des freins à la pratique, devant l’éloignement du lieu de travail ou d’études.
Ce que la PFM63 retient
Ces résultats confirment une trajectoire encourageante pour Clermont-Ferrand, qui rattrape peu à peu son retard en matière d’aménagements cyclables. Ils rappellent surtout que la sécurité, réelle et ressentie, reste la condition première pour convaincre de nouveaux usagers, notamment les familles et les publics les plus vulnérables.
La Plateforme Mobilité du Puy-de-Dôme continuera de suivre ces avancées et d’accompagner entreprises, collectivités et citoyens dans le développement des mobilités actives.
Résultats détaillés et carte interactive des points noirs sont à retrouver sur le site du Baromètre vélo 2025 de la FUB.
Source : Baromètre vélo 2025, Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB), données pour la commune de Clermont-Ferrand, mise en forme graphique réalisée par Dérailleurs Calvados. Données disponibles sous licence Open Database Licence (ODbL).